
Chef-d’œuvre
5 / 5
- Autobiographie
- Orphelin
- Misère
- Amours
- Roman d’apprentissage
- Nombre de pages: 1024
- Paru en: 1850
Ce que j’en pense
Que dire sur ce chef-d’œuvre qui n’a pas déjà été dit !
Oui, c’est une histoire magnifique qui oscille entre drame et comédie, où l’auteur nous tire les larmes puis nous fait rire, et où les personnages sont tous exceptionnels, chacun dans son domaine. D’ailleurs, à ce propos, mon personnage préféré est clairement la “tante”. Non mais promis, cette femme est génialissime et me faisait penser à Violet Crawley dans Downton Abbey (enfin, techniquement, je pense que l’inspiration a été l’inverse…). Une femme que l’on craint de prime abord, mais qui a un cœur plus gros qu’elle.
Alors, pour ne pas paraphraser tous les commentaires déjà faits sur ce livre, je vais m’attarder sur la version audio Audible.
Ce lecteur, Vincent Violette, est magistral. À chacune de ses prestations, je le dis, mais je vais le répéter encore. Il a su donner une personnalité vocale à chacun, il a su interpréter et jouer chaque scène à sa juste valeur, à tel point que je n’écoutais pas des mots mais que j’assistais à une pièce de théâtre où les scènes se déroulaient devant mes yeux. Tantôt la voix grave, tantôt la voix enjouée, il transmet les émotions. Idem pour son débit de parole, accéléré lors des actions, retenu lors des drames. Il ne lit pas, il incarne les personnages et joue les scènes.
À l’heure où l’IA essaye de remplacer l’humain, je doute qu’elle puisse mettre autant de sentiments et de profondeur. Elle pourra peut-être copier une voix, mais elle ne pourra pas ressentir et nous transmettre. C’est propre à l’homme, et la machine n’a pas de cœur, de peines, de joies, ni toutes ces petites choses qui font de nous… des humains, pour le meilleur et pour le pire. Laissons les comédiens talentueux continuer de nous ravir, de nous toucher et de nous émerveiller par leurs talents. Que les humains continuent de s’exprimer aux humains.
❤️En conclusion, l’auteur manie l’humour, l’ironie et la tendresse avec brio et délice, ce qui rend la lecture de ce chef-d’œuvre aussi savoureuse qu’émouvante, savamment mise en relief par le lecteur… Une IA saura-t-elle l’interpréter ? J’espère très sincèrement que non, et que pourvu jamais elle n’en soit capable.
De quoi ça parle
Lorsqu’en 1850 il publie David Copperfield, Charles Dickens offre à ses lecteurs le premier roman qu’il ait écrit à la première personne, et, derrière l’histoire de son jeune héros, c’est aussi parfois la sienne qu’on peut lire. Mais ce que dessinent surtout les douloureuses premières années, le dur apprentissage de la vie dans une fabrique, puis la fuite et l’errance picaresque du jeune Copperfield, c’est un roman de formation où le personnage se fait son propre biographe. Il arrive alors qu’on ne sache pas si le réel évoqué est celui que l’enfant vécut au présent ou celui que l’adulte revisite au passé. Car, d’épreuve en épreuve, c’est une nouvelle image de soi que le narrateur peu à peu reconstruit, avant de devenir lui-même, à la fin du livre, un écrivain semblable à celui qui, dès le début, a pris la plume pour raconter sa vie – et nous offrir ce qui est encore aujourd’hui le plus grand roman anglais du xixe siècle





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