4,5 / 5

  • Insurrection
  • Hongrie / Budapest
  • 1956
  • Polar historique
  • Repression
  • Nombre de pages: 320
  • Paru en: 1963 + 2025

Concernant ce livre, il y a 2 histoires, celle du livre lui-même et celle du récit.

D’abord, l’histoire éditoriale. Publié en 1963 avec des passages coupés pour correspondre aux codes de l’époque, le roman ressort aujourd’hui dans sa version complète. La préface est essentielle pour comprendre le livre et ses histoires …

Passons au récit. J’ai adoré! Alors oui, le rythme de l’enquête est lent, mais jamais ennuyeux. Au contraire, ça grouille de rebondissements et d’intrigues secondaires. Cette lenteur fait sens car elle colle parfaitement à une ville plongée dans le chaos, où la peur et la confusion imposent leur tempo. Budapest devient un véritable personnage à part entière, avec l’insurrection de 56 en toile de fond.

L’angle de l’enquête est particulièrement original: une femme affirme que son mari veut la tuer et se rend au commissariat voir le commissaire Nemetz. Quelques heures plus tard, le cadavre est retrouvé… avant de disparaître. Nemetz pense assez vite savoir qui est le coupable, mais il va pourtant l’aider jusqu’au bout. Ce choix pose une vraie question morale, que vaut la justice quand la vérité individuelle se heurte à une politique instable, à une révolution? Le suspense tient jusqu’aux toutes dernières pages, et la fin est profondément touchante.

Mais au-delà de l’intrigue, c’est l’humanité du roman qui marque. L’auteure parvient à rendre profondément humains les Hongrois pris dans cette insurrection, tout en conservant une part d’humanité pour les Russes, sans les réduire à des caricatures. Elle dénonce sans juger, avec beaucoup de justesse, ce qui force d’autant plus le respect quand on se rappelle que le livre a été écrit en pleine guerre froide.

🙏En conclusion, un polar historique a l’intrigue originale et au rythme d’un véritable roman noir, à la fois machiavélique et profondément humain, qui se termine dans une course contre la montre au cœur d’une ville sinistrée. Un roman marquant, autant sur le plan historique que fictionnel, qui n’oublie pas que, durant ces 18 jours, la révolution a fait plus de 2 500 morts et 13 000 blessés.

Octobre 1956, Budapest. L’inspecteur Nemetz découvre, devant la boulangerie de Perc Kaz, quatre corps de femmes alignés sur le trottoir. Quand il repasse par là plus tard, un cinquième les a rejoints. Que les cadavres s’empilent dans les rues transformées en chantier sanglant par l’insurrection n’a rien d’étonnant, mais celui-là est spécial. Il s’agit de la grande brune venue le trouver la veille pour accuser son mari, jeune médecin zélé, de vouloir la tuer. Dans la ville déchirée par les combats, sur fond de résistance et de collaboration, de règlements de comptes et de marché noir, s’engage entre l’enquêteur et le médecin un subtil jeu du chat et de la souris, dont l’issue est irrémédiablement liée au conflit.

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Bienvenue dans mon carnet ! Ici, je parle des livres que j’ai aimés (ou pas), des recettes que je teste avec mes robots, et de mon quotidien avec la sclérose en plaques. Installez-vous, prenez un thé…