
Oui, mais …
4 / 5
- Première Guerre Mondiale
- Gueules cassées
- Camaraderie
- Reconstruction
- Psychologie
- Nombre de pages: 230
- Paru en: 2025
Ce que j’en pense
J’ai mis un peu de temps à entrer réellement dans cette histoire, sans doute parce que je ne pouvais m’empêcher de penser à « Au revoir là-haut ». Le binôme est similaire (un sauvé / un sauveur, une gueule cassée / un valide), en tout cas dans sa construction initiale. Mais le récit prend rapidement une autre direction, et à partir de là, je me suis laissée happer par les émotions qu’il véhicule.
Au-delà des dénonciations (devenues malheureusement familières à force de mes lectures sur le sujet) le roman insiste surtout sur l’interdépendance des poilus. Une interdépendance à la fois physique et profondément psychologique, où le sauveur devient le sauvé, et inversement. Cette amitié improbable, au regard des codes d’honneur et des conventions de l’époque, est à la fois bouleversante et profondément belle.
J’ai également beaucoup aimé traverser cette guerre à travers des points de vue multiples : celui des femmes (mères, épouses, infirmières, filles) et celui des poilus, mais loin des tranchées. Des hommes qui se souviennent, dont la guerre continue de vivre autant dans leurs chairs que dans leurs esprits.
Mais voilà.
Ayant énormément lu sur la Première Guerre mondiale, notamment des témoignages directs, j’ai souvent eu l’impression de revivre certains passages déjà rencontrés ailleurs. Bien sûr, le travail de recherche de l’auteure est indéniable, mais j’ai déjà croisé ces thèmes, ces ressentis, ces regards. Cela n’enlève rien à la sincérité du livre, qui rend un hommage vibrant à ces poilus, à toutes les victimes directes ou indirectes de cette boucherie, et, au-delà, de toutes les guerres.
🥰En conclusion, c’est un roman émouvant, respectueux, profondément humain et porteur d’un très bel hommage, mais, pour moi, l’émotion a été un peu amoindrie par le poids de mes lectures passées. Cependant, il saura sans aucun doute toucher celles et ceux qui n’ont pas encore lu ces témoignages directs de sacrifiés de celle qui devait être la der des der.
De quoi ça parle
Sur le champ de bataille, un obus éclate. Abel n’écoute que son courage et, au péril de sa vie, sauve un inconnu d’une mort certaine.
Alors qu’Abel est en convalescence dans un hôpital de fortune, un officier défiguré vient occuper le lit voisin. Abel est ouvrier, Adrien est médecin : un gouffre social les sépare et jamais ils ne se seraient rencontrés dans la vie civile. Mais ici, dans ce lieu hors du temps, ils ne sont plus que deux hommes en souffrance.
Adrien s’intéresse à la vie d’Abel. Privé de l’usage de la parole, il écrit sur un cahier d’écolier pour communiquer. Abel, peu instruit, lit avec difficulté. Entre paroles et écrits, l’officier et le soldat partagent au fil des jours ce qu’ils ont de plus intime, de plus enseveli… jusqu’à découvrir que leurs chemins, avant la guerre, se sont déjà croisés.





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