
Humaniste et pacifiste
5 / 5
- Religions
- Humour
- Orphelins
- Prostitution
- Vieilesse
- Nombre de pages: 273
- Paru en: 1982
Ce que j’en pense
J’ai découvert cet auteur avec La Promesse de l’aube et j’ai voulu continuer à le lire… et punaise, encore une fois ce livre est un coup de cœur. Je me suis lancée dans ce livre sans même avoir lu le résumé et, bien que décontenancée au début par ce second degré, je suis rentrée dedans en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
D’abord et avant tout, j’ai écouté ce livre et non lu, et je tiens à souligner la qualité de ce format audio. Entre les voix et intonations du lecteur, les bruits d’ambiance qui ne se superposent pas à la narration et les intermèdes musicaux, cette version met en valeur le récit et lui rend un hommage supplémentaire.
Je vous ferai grâce de ce que j’ai pensé des personnages, car ce sont tous des coups de cœur. Bien sûr, ce petit Momo, 10 ans ou peut-être 14, et cette Madame Rosa sont deux êtres inoubliables. On ne peut pas parler d’amitié, car leur relation est indescriptible de pureté et de simplicité. Cette ex-prostituée juive et malade de 65 ans élève ce petit gamin musulman dans le respect de sa religion, entouré de rejetés, tous plus humains que beaucoup d’autres. Ils se protègent mutuellement, s’accompagnent et s’aiment, comme une famille, celle que l’on se choisit et qui ne nous trahit jamais. Leurs différences ne les éloignent pas, mais les rapprochent.
Côté style, c’est frais, parfois espiègle, et pourtant le fond est triste et dur. Le talent de l’auteur sait dénoncer, appuyer là où ça fait mal, mettre en lumière les différences de façon discrète… et pourtant les messages passent sans aucun problème.
❤️En conclusion, un récit magnifique et bouleversant, qui nous broie le cœur et nous fait sourire, sur ces cabossés de la vie qui savent garder cette dignité qu’on retrouve chez les plus abîmés. C’est un roman de transmission et de famille choisie, de solidarité. Et c’est aussi pour ça que c’est un livre qui marque. Que chaque Rosa ait un Momo dans sa vie… et vice versa !
De quoi ça parle
Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d’amour d’un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que » ça ne pardonne pas » et parce qu’il n’est » pas nécessaire d’avoir des raisons pour avoir peur « . Le petit garçon l’aidera à se cacher dans son » trou juif « , elle n’ira pas mourir à l’hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré » des peuples à disposer d’eux-mêmes » qui n’est pas respecté par l’Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu’à ce qu’elle meure et même au-delà de la mort.





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