
D’une modernité bluffante
4,5 / 5
- Intrigue à tiroir
- Policier historique, social et judiciaire
- XIX siècle
- Inspiré d’une histoire vraie
- Détective
- Nombre de pages: 480
- Paru en: 1866
Ce que j’en pense
Lorsqu’on commence un livre écrit en 1866, on a quelques appréhensions. Le style sera-t-il accessible ? L’histoire, encore addictive ? Le rythme, toujours vivant ? Et à toutes ces questions, la réponse est oui, même un grand oui!
Alors oui, parfois, on croit à quelques digressions… mais en réalité, tout est utile, voire primordial. C’est fou comme ce roman est intelligemment construit ! Un peu comme les meubles d’antan qui n’ont pas bougé, contrairement aux modernes (oui, je suis en plein travaux 😅). Ce texte est d’une qualité rare , il aurait pu être écrit aujourd’hui, simplement avec cette petite touche désuète pleine de charme.
J’ai adoré tous ces revirements de situation. On croit savoir, on en est sûr… et bam ! tout se retourne. On rejoue le puzzle depuis le début, jusqu’à ce que chaque pièce trouve sa place. Sans s’en rendre compte, on se prend au jeu du détective , on cherche, on analyse.
Côté personnages, difficile d’en parler sans trop en dire. Tout tourne autour d’eux, comme dans un Cluedo géant. Qui a assassiné Mme Lerouge, et pourquoi ? Pour un secret… ou pour le secret caché derrière le secret ? 😝
❤️En conclusion, un roman qu’on pourrait croire dépassé, mais qui a magnifiquement bien vieilli. Considéré comme l’un des premiers romans policiers français, L’Affaire Lerouge reste d’une modernité bluffante. Un auteur contemporain aurait pu l’écrire… mais sûrement moins bien.
De quoi ça parle
Une femme d’une cinquantaine d’années, la veuve Lerouge, est retrouvée sauvagement assassinée dans sa maison. Tous les indices conduisent à un jeune homme de bonne famille. Les preuves matérielles sont accablantes, l’assassin paraît tout désigné et l’affaire bouclée, quand le doute s’immisce dans l’esprit de l’un des enquêteurs, le père Tabaret. Certains faits le poussent à envisager le meurtre sous un autre angle, et ses découvertes réserveront bien des surprises aux lecteurs. Inspirée d’une affaire criminelle qui défraya la chronique, L’Affaire Lerouge est le premier roman » judiciaire » français. Son auteur, Émile Gaboriau, élabore une intrigue policière à la construction astucieuse, doublée d’une histoire amoureuse. On y rencontre plusieurs enquêteurs: le juge d’instruction Daburon, le chef de la sûreté Gévrol et un détective amateur, le père Tabaret, dit » Tirauclair « . La méthode d’investigation de ce dernier – partir du connu pour parvenir à l’inconnu – n’est pas sans rappeler celle de Dupin, le héros des nouvelles policières d’Edgar Allan Poe. On croise aussi, dans L’Affaire Lerouge, l’inspecteur de la sûreté Lecoq, qui deviendra par la suite un personnage emblématique de l’œuvre de Gaboriau. Arthur Conan Doyle, autre père du roman policier, était un grand lecteur et admirateur de Gaboriau. Il reconnaîtra d’ailleurs volontiers l’influence de Tabaret et de Lecoq sur la création de son héros mythique, Sherlock Holmes.





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