4,5 / 5

  • Belfast
  • Amitiés / Amours
  • The Troubles
  • Humour
  • 90’s
  • Nombre de pages: 496 pages
  • Paru en: 1999

Alors que les lectures habituelles sur le thème des Troubles sont (très) noires, j’ai été stupéfaite de voir à quel point cet auteur parvient à aborder le sujet avec des pointes d’humour et beaucoup de facétie.

Déjà, l’angle est original, car nous suivons une bande d’amis et plus particulièrement 2 d’entre eux, l’un protestant, l’autre catholique. Une amitié tout à fait normale dans notre monde, mais presque contre nature dans le Belfast de ces années-là. Et pourtant, pour eux, leur « différence » n’existe même pas. Au pire, ils s’envoient une petite vanne pour mieux en rire.

Mais ce livre, ce sont aussi toutes les aventures vécues par Jake et Chuckie, ensemble ou séparément. Et, au fil des pages, Belfast finit elle aussi par devenir un personnage à part entière, presque le troisième personnage principal du roman, avec ses blessures, ses divisions, ses excès et son incroyable humanité. Et l’on passe constamment de moments de francs sourires à d’autres beaucoup plus graves et sombres. Car les attentats sont là, quasi omniprésents, la misère aussi, tout comme ce système D nécessaire pour survivre. Tous ces thèmes sont abordés avec beaucoup de délicatesse et de sensibilité. On pourrait croire qu’ils sont simplement survolés alors que non. Toute la force tragique du roman réside justement dans cette banalisation de l’horreur.

Mention spéciale à cette version audio, magistralement interprétée comme une véritable pièce de théâtre par julallouf

❤️ En conclusion, plus qu’un simple roman, une véritable satire qui répond à la folie des uns par l’absurde des autres… juste pour survivre. Une véritable comédie tragique, ou une tragédie comique, qui nous émeut, nous fait rire et nous réchauffe le cœur. Une parenthèse de beauté dans un monde d’horreurs.

Belfast, début des années 1990. La ville vit au rythme des slogans de haine, des bombes, des assassinats. Pourtant, au cœur de l’incendie, le quotidien s’obstine. Ici, on a appris à faire abstraction. Alors comme partout quand on a vingt, trente ans, on trafique la misère, on tombe amoureux, on s’oublie, on boit beaucoup, on se charrie, on retombe amoureux et on s’invente d’autres vies.
Jake Jackson, le catholique, son ami Chuckie Lurgan, le protestant, et tout ce que la ville compte de brinquebalants, activistes véritables ou amuseurs de galerie, narguent l’intensité dramatique de cette existence avec une légèreté salvatrice. Au fond des pintes de bières, dans l’urgence d’un rire ou d’un mot d’amour, il y a tout ce qu’il reste d’humanité.

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Bienvenue dans mon carnet ! Ici, je parle des livres que j’ai aimés (ou pas), des recettes que je teste avec mes robots, et de mon quotidien avec la sclérose en plaques. Installez-vous, prenez un thé…