
J’ai hésité mais …
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- Première Guerre Mondiale
- Documents autobiographiques
- Correspondance
- Lettres
- Enfants / Poilus
- Nombre de pages: 90
- Paru en: 2012
Ce que j’en pense
J’avoue j’ai hésité à faire une chronique de ce livre de 90 pages. Et puis … aux noms de toutes ces victimes directes ou indirectes, j’ai voulu la faire pour eux, pour leurs rendre à tous hommage.
Tu es poilu et tu écris à ton enfant, tu le grondes pour ses fautes d’orthographe, tu le félicites pour son examen, tu lui donnes des conseils, tu essayes de garder ton rôle de père absent car tu ne sais pas si tu reviendras.
Tu es enfant et tu écris à ton petit papa, pour lui dire que tu l’aimes, mais es tout petit, tu as 7 mois, alors c’est ta maman qui prend ta main pour écrire.
Tu n’es qu’une petite fille, tu écris à ton petit papa chéri, et tu lui dis que tu l’aimes. Mais tu ne le reverras plus jamais.
Tu as 11 ans et tu écris depuis presque 4 ans à ton petit papa mignon, mais tu t’inquiètes car tu n’as plus reçu de ses nouvelles depuis plusieurs jours. Ton papa est décédé depuis ces quelques jours mais tu ne le sais pas encore.
Tu es enfant et tu écris un « journal de vacances » pour raconter à ton papa ta vie pendant son absence.
Tu es enfant et tu écris à ton papa car il a été pris en otage devant toi et tes frères et sœurs.
Tu es enfant et tu écris des textes que même un adulte de ma génération non sacrifiée comme la tienne, n’aurait pas la maturité pour le faire aussi bien.
Enfin, tu es maman et 10 garçons, tous mobilisés. Ton mari est déjà mort comme ton fils aîné avant la guerre. Tu ne reverras plus jamais 5 de tes enfants.
Tu es poilu, ta petite femme chérie vient d’accoucher d’une petite fille mais tu ne sais pas si elles vont bien. Juste un télégramme c’est trop court. Puis tu apprends qu’elle s’appelle Lucile, ça sera ta petite Luciole. Tu rentreras de cette guerre mais ta fille sera une orpheline 6 ans plus tard.
Alors ces petits échanges t’on maintenu en vie dans les tranchées, t’on fait te sentir vivant et utile le temps d’une lettre, tu essayais de transmette tout en quelques mots avant que, car tu ne sais pas si tu pourras le faire physiquement.
Mais tu écrivais toujours ta fierté de faire ton devoir de Français même si tu es en colère, pour que tes enfants, eux, n’aient pas à le faire et puissent vivre libres, sauf que …
De quoi ça parle
Quand éclate la Première Guerre mondiale, il y a 4 millions de poilus sur le front et 4 millions et demi d’enfants sur les bancs d’école… Les premiers sont plongés dans l’horreur de la guerre. À l’heure du courrier, ils redeviennent des pères, des oncles, des parrains…
Les seconds sont à l’âge des poupées et des soldats de plomb. La plume et les crayons de couleur sont leurs seules armes pour contrer le vide de l’absence.
Ces extraits de lettres, de journaux intimes et de récits autobiographiques éclairent les relations qui unissaient entre 1914 et 1918 les pères et leurs enfants. Entre les uns et les autres se noue une chaîne de mots manuscrits, d’espoirs et de craintes, de conseils, de fautes d’orthographe, de larmes et de sourires.
Un amour vrai, tendre et pudique est ici déposé dans des lettres mille fois relues, manipulées, froissées, chéries comme autant de trésors.






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