
Poignant et émouvant
5 / 5
- Autobiographie
- Saga familiale
- Guerres mondiales
- Secrets familiaux
- Femmes
- Nombre de pages: 752
- Paru en: 2025
Ce que j’en pense
Je ne savais absolument pas à quoi m’attendre en commençant ce livre, mais je me suis vue engloutie dès les premières minutes. Entre ce récit multigénérationnel, à la façon d’une saga familiale, et l’interprétation magistrale du lecteur (oui je l’ai découvert en format audio)… tout est réuni pour nous faire entrer dans cette famille et ses secrets.
L’auteur se confie à nous sur les traumatismes hérités d’une génération à l’autre dans sa famille, ou plus précisément sur ceux portés par les femmes, de mères en filles, à cause des hommes. Comment le mariage arrangé, plus ou moins forcé, de son arrière-grand-mère avant la Première Guerre mondiale a-t-il pu avoir des répercussions jusque dans la vie de son père dans les années 80 ? Et ce suspense (si l’on peut l’appeler ainsi) m’a totalement fascinée. Je me suis tellement identifiée à l’auteur, faisant des parallèles entre son histoire familiale et la mienne, que j’ai eu beaucoup de mal à mettre en pause cette écoute, et encore plus à les abandonner à la toute fin.
Mais de façon plus générale, l’auteur pointe du doigt la condition féminine tout au long du XXᵉ siècle : les viols conjugaux normalisés, la violence conjugale acceptée, le jugement masculin sur la féminité… bref, vous voyez, pas besoin d’en dire davantage.
Alors que le mouton noir de sa famille est cette Marguerite, l’auteur cherche au contraire à réhabiliter l’honneur de sa grand-mère. Et si cette femme, qualifiée d’alcoolique, de sale gouine, de petite traînée, de putain des Boches, n’était finalement elle aussi qu’une victime ? Mais victime de quoi, et de qui ? C’est précisément ce que ce livre nous permet de découvrir…
❤️En conclusion, un livre magistral, sincère, poétique, émouvant et poignant qui lève les tabous familiaux, dénonce la violence des silences et que l’auteur (un homme) tente de réparer par l’écriture, tout en invitant à repenser l’histoire d’un féminisme latent tout au long du XXᵉ siècle.
De quoi ça parle
En 1976, mon père a rouvert la maison qu’il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.
À l’intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d’honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.
Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d’elles.
Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J’ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.





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