4,5 / 5

  • Véritables meurtres en 1928
  • Double temporalité
  • Vengeance
  • Magie / Surnaturel / Paranormal / Sorcellerie
  • Roman à suspens
  • Nombre de pages: 496
  • Paru en: 2017

Alors que ce livre commence avec un rythme (dans le présent) plan-plan et sur fond de romance… ne vous y fiez pas ! Le rythme change totalement au fil des pages, mais surtout l’ambiance se glace peu à peu et la romance du début s’efface pour laisser place à une histoire de plus en plus anxiogène, étouffante, presque poisseuse.

Précision importante : je déteste le surnaturel et pourtant, comme dans la grammaire française, voici l’exception qui confirme la règle. Cette touche arrive petit à petit, presque naturellement (🤪), sans jamais tomber dans l’effet gratuit. Ici, le surnaturel n’est pas un gadget, il agit comme un révélateur des tensions humaines, des silences et des secrets.

On navigue entre un quintuple assassinat en 1928 dans cette ferme et cette même ferme aujourd’hui, 90 ans plus tard. La maison a-t-elle une mémoire ? Plus qu’un simple décor, elle devient un personnage à part entière, chargée d’un passé qui hante le présent. Depuis que notre couple en hérite et s’y installe, l’oppression grandit, les faits mystérieux s’accumulent, et ce huis clos rural, pourtant ouvert sur la campagne, se transforme en piège et se retourne contre eux. Comme si le mal, enfoui depuis des générations, refusait de rester sous terre. Le passé s’infiltre, brouille les repères et rend l’atmosphère de plus en plus suffocante.

À propos de la fin, il devient impératif de tourner les pages pour savoir si… J’aurais simplement aimé que l’épilogue soit un chouïa plus long, même si toutes les réponses essentielles nous sont données.

À noter que cette histoire de quintuple assassinat en 1928 est totalement vraie. Et ce n’est pas le seul fait historique utilisé, j’ai beaucoup aimé la manière dont la fiction et l’Histoire se rejoignent et se complètent.

🥰En conclusion, une très belle découverte, non pas de l’auteur (je vous conseille au passage Les Amants de l’exil), mais de ce style hybride qui mêle profondeur du roman de terroir, tension du thriller et angoisse sourde du surnaturel. Une lecture qui m’a totalement emportée, même sans savoir où j’allais, j’étais pressée d’y aller.

1928. Toute une famille est lâchement assassinée dans une ferme isolée de Haute-Provence. Les deux enfants de 8 et 3 ans n’ont pas été épargnés. Aujourd’hui. Géraldine, agent de voyage à Nice, fait un étrange héritage. Une arrière-grand-tante qu’elle n’a jamais connue lui lègue la ferme des Courlis, située à Maurin-en-Provence, sur le plateau de Valensole semé de lavandes. Elle et son mari Jean-Louis, cuisinier, voient dans cette succession imprévue le moyen rebondir, de se refaire une vie au calme, d’autant plus que Géraldine est enceinte et a besoin de repos. Une fois sur les lieux, ils apprennent que cette ferme n’a plus été habitée depuis près d’un siècle. Pourtant, elle a été entretenue et se trouve en parfait état, comme si elle avait été figée dans le temps. Même les meubles et le linge sont d’époque. Ils la rénovent pour en faire un gîte, puis un restaurant, mais Géraldine se sent mal à l’aise. Les lieux lui semblent chargés de présences négatives ; elle fait de cauchemars dans lesquels elle se trouve au milieu d’une famille du siècle passé. La ferme de leur rêve recèle un secret qui commence à peser sur leur relation conjugale. Jean-Louis se néglige, délaisse sa femme, se met à boire. Géraldine est perturbée par cet environnement étrange. Elle met cela sur le compte de sa sensibilité décuplée par sa grossesse, mais elle sent bien qu’il y a autre chose. Tous les deux se trouvent également en butte à la méfiance de la population locale. Les artisans refusent de travailler pour eux, les commerçants les servent à contrecoeur, les villageois les boudent. Leurs deux seuls alliés sont Marguerite, une vieille dame à la réputation de sorcière et Sauveur, un artisan marginal qui, entre deux chantiers, bourlingue sur les cinq continents. Un jeune métis originaire de Guyane, Max, leur apporte soudain une aide inattendue. Excellent cuisinier, il suggère à Jean-Louis d’ouvrit un restaurant créole. Le succès est immédiat. Versé dans la connaissance des plantes, il prépare des mixtures qui aident Géraldine à franchir les étapes et épreuves qui jalonnent sa grossesse. Tout semble désormais aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais le lourd passé de la ferme resurgit peu à peu et les phénomènes inexpliqués se multiplient. Géraldine se sent de plus en plus isolée, en proie à des doutes, des défiances. La peur s’installe. La ferme maléficiée réclame vengeance. Mais laquelle ? Et quelles en seront les victimes ? Une intrigue mêlant suspense, mystères et psychologie dans un lieu en apparence idyllique qui se transforme en huis clos infernal, entre Amityville et La Maison assassinée. Comme si la terreur de Stephen King s’invitait dans les collines de Jean Giono. L’auteur, originaire de la région par ses grands-parents, s’est inspiré d’un fait divers réel dont ses aïeux ont été les témoins directs. Il a cherché à exorciser cette histoire dans un roman de pure fiction qui aurait pu se dérouler ainsi dans la réalité.

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Bienvenue dans mon carnet ! Ici, je parle des livres que j’ai aimés (ou pas), des recettes que je teste avec mes robots, et de mon quotidien avec la sclérose en plaques. Installez-vous, prenez un thé…