Intemporel

5 / 5

  • Peine de mort
  • Absurde
  • Drame
  • Procès
  • Classique
  • Nombre de pages: 192
  • Paru en: 1942

Ce que j’en pense

J’ai écouté « L’Étranger » lu par Michael Lonsdale et sa voix monocorde m’a d’abord profondément déstabilisée… avant de me toucher en plein cœur quand j’ai enfin saisi pourquoi elle était si parfaite pour ce texte.

Ce livre m’a complètement retournée ! Une lecture à deux vitesses qui m’a d’abord laissée perplexe, surtout en découvrant l’histoire pour la première fois. J’ai navigué entre incompréhension et fascination, pour finalement être hantée par ces pages bien après les avoir refermées. Je me surprends encore à y penser, à chercher ses échos dans mon quotidien…

Écrit en 1942 en pleine tourmente mondiale, dans cette Algérie coloniale bouillonnante, son style m’a transpercée : ces phrases ciselées, cette écriture dépouillée qui, sous sa froideur apparente, cache des abysses d’émotions !

J’ai été profondément bouleversée par ce procès où Meursault est condamné, non pas pour avoir ôté la vie d’un homme (un « Arabe » anonyme 💔), mais pour avoir osé ne pas pleurer à l’enterrement de sa mère ! Cette injustice m’a révoltée et m’a fait voir toute l’hypocrisie d’une société qui préfère juger nos émotions plutôt que nos actes.

Les violences normalisées du quotidien m’ont glacée… Cette femme battue dans l’indifférence générale, ce chien maltraité puis pleuré par son bourreau. J’ai frémi devant ces relations si cruellement humaines, si terriblement actuelles encore.

Meursault m’a tant émue par son décalage, sa vérité nue. Son détachement m’a d’abord heurtée puis m’a touchée aux larmes quand j’ai compris sa solitude face à un monde d’apparences.

❤️En conclusion, ce livre m’a marquée comme peu d’œuvres savent le faire. Court mais intense, il résonne différemment en chacun selon notre vécu, notre âge, notre sensibilité. Un livre intemporel qui n’a malheureusement pas pris une ride. À lire mais surtout à méditer ensuite …

De quoi ça parle

« C’est alors que tout a vacillé. La mer a charrié un souffle épais et ardent. Il m’a semblé que le ciel s’ouvrait sur toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu. Tout mon être s’est tendu et j’ai crispé ma main sur le revolver. La gâchette a cédé, j’ai touché le ventre poli de la crosse et c’est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant, que tout a commencé. J’ai secoué la sueur et le soleil. J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage où j’avais été heureux. » L’étranger est le premier roman d’Albert Camus.

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Bienvenue dans mon carnet ! Ici, je parle des livres que j’ai aimés (ou pas), des recettes que je teste avec mes robots, et de mon quotidien avec la sclérose en plaques. Installez-vous, prenez un thé…