
Puissant
5 / 5
- Attentats
- Résilence
- Tragique
- Intense
- Nombre de pages: 144
- Paru en: 2024
Ce que j’en pense
J’ai écouté « Un baiser si longtemps retardé » de Laurent Gaudé et j’en suis encore toute bouleversée. Ce livre m’a émue aux larmes… et pourtant, malgré l’horreur de cette soirée tragique, malgré le carnage, l’auteur parvient à en tirer quelque chose de lumineux.
Ce qui m’a frappée, c’est cette écriture d’une pudeur extraordinaire. Comment parler des attentats avec tant de beauté, presque de poésie ? C’est ce miracle que réussit l’auteur avec son style intimiste qui nous plonge au cœur de l’indicible sans jamais tomber dans le sensationnalisme ni le pathos.
J’ai adoré ce mélange si particulier entre dépersonnalisation et surhumanisation. Les personnages sont présentés par leur fonction (pompier, médecin, policier, infirmière, victimes) et pourtant, on est projeté au plus profond de leurs cœurs, de leurs émotions brutes. C’est troublant et magnifique à la fois !
L’auteur décrit avec une justesse déchirante ce hasard avec un grand H qui a fait que certains étaient là ce soir-là, à cette place précise… la place d’un mort. Et si… et si… Ces vies qui basculent en quelques secondes, ces destins noués par le plus cruel des hasards.
En refermant ce livre, j’ai juste envie de dire MERCI. Pas aux monstres, bien sûr, mais à tous ces hommes et femmes qui ont foncé sans réfléchir, qui ont sacrifié leur santé mentale, qui resteront traumatisés à vie. Ces héros qui n’ont pas calculé, qui ont simplement agi par devoir et par humanité.
Ce livre rend hommage non seulement aux victimes directes, mais aussi à toutes ces victimes invisibles, celles dont on parle trop peu, ces premiers intervenants pour qui la vie ne sera plus jamais comme avant.
❤️En conclusion, une œuvre courte mais d’une puissance rare qui m’a transpercée. Laurent Gaudé a trouvé les mots justes pour dire l’indicible, pour transformer l’horreur en ode à la solidarité humaine. Un livre qui nous rappelle que même dans les ténèbres les plus profondes, des lumières continuent de briller. J’en ressors chamboulée, reconnaissante et, étrangement, pleine d’espoir en cette humanité.
De quoi ça parle
Vendredi 13 novembre 2015, il fait exceptionnellement doux à Paris – on rêve alors à cette soirée qui pourrait avoir des airs de fête. Deux amoureuses savourent l’impatience de se retrouver ; des jumelles s’apprêtent à célébrer leur anniversaire ; une mère s’autorise à sortir sans sa fille ni son mari pour quelques heures de musique. Partout on va bavarder, rire, boire, danser, laisser le temps au temps. Rien n’annonce encore l’horreur imminente.
Laurent Gaudé signe, avec “Terrasses”, un chant polyphonique qui réinvente les gestes, restitue les regards échangés, les quelques mots partagés, essentiels – écrit l’humanité qui éclot au cœur d’une nuit déchirée par l’impensable. Et offre à tous un refuge, face à un impossible oubli.






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